L’ÉCLOSION D’UN CINÉASTE

Moonlight, au delà du portrait ultramoderne d’un jeune homosexuel du ghetto américain, est surtout l’opportunité d’une rencontre avec un nouveau cinéaste plein de promesses …

Le synopsis

Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte.

C’est en Septembre dernier que le film avait commencé à faire du bruit lors de sa présentation au Festival de Telluride. Un flot de critiques dithyrambiques a permis de confirmer l’intérêt d’un film que j’attendais tout particulièrement. Une victoire aux Golden Globes et huit nominations aux Oscars plus tard, j’ai donc eu l’occasion de découvrir ce petit bijou de Barry Jenkins.

Celui-ci nous offre un portrait tout en finesse de Chiron, un Noir américain qui grandit dans le ghetto de Miami et tente par tous les moyens de s’en sortir tout en assumant son homosexualité. Trois chapitres défilent sous nos yeux correspondant à trois étapes de la vie du jeune homme. Une fresque d’émancipation qui démarre durant son enfance pour se finir à l’âge adulte en passant par la rude étape de l’adolescence. Le plan-séquence inaugural nous laisse augurer de l’ambition du cinéaste qui nous offre des moments de pure beauté où l’innocence se confronte à la dureté du monde actuel. Le film place ses pions pour nous offrir un final touchant et plein de tendresse.

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© David Bornfriend

Les retrouvailles de Chiron avec son flirt de jeunesse (qui est aussi son martyr) sont d’une maladresse à la fois touchante et émouvante. Devenu gangster, il décide de prendre les devants et d’assumer ses désirs. Le réalisateur prête une vraie attention aux petits détails qui trahissent la nervosité teintée d’attirance des deux personnages. Il est intéressant de voir à quel point il n’hésite pas à choisir des acteurs physiquement très différents pour interpréter les mêmes personnages à trois époques différentes.

Le casting est d’ailleurs une des vraies réussites de ce film. Les acteurs sont toujours très justes et parviennent à trouver le juste milieu afin de ne pas se noyer dans le larmoyant. Le jeune Alex R. Hibbert nous offre ainsi un Chiron plein de retenue malgré la violence du monde dans lequel il grandit. Ashton Sanders interprète un Chiron qui, à force de s’être laissé faire, finit par craquer et se rebeller face aux injustices qu’il subit. Enfin, Trevante Rhodes incarne un Chiron qui souhaite s’assumer et terminer ce parcours d’émancipation qui était rempli de douleurs et de peines.

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© David Bornfriend

La bande-annonce

Edgar La Gâchette

MOONLIGHT : LA CRITIQUE
Voilà donc un pur petit bijou qui mérite bien ses récompenses et nominations aux Oscars. Porté par un casting formidable, ce film est aussi la réussite d'un cinéaste qui impose son style en nous offrant quelques séquences d'une grande beauté.
Image / Mise en scène9
Acteurs / Personnages9
Scénario8
Bande-son8
Rythme8
Émotion / Empathie9
Les plus
  • Un casting formidable
  • Un cinéaste qui impose sa patte
  • Uns histoire touchante
8.5Note Finale

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