FILM AU POTENTIEL GÂCHÉ

Carl Erik Rinsch est à la réalisation de son premier long-métrage, et pour l’occasion, il a eu la chance d’avoir face à sa caméra un Keanu Reeves de retour aux affaires après s’être fait plutôt très discret. Le film a connu un lourd échec commercial sur le sol américain : doté d’un budget énorme pour un premier film de 175 millions de dollars, il n’y a cumulé que 40 millions de dollars de recettes. Flop mérité ?              Oui et non !

Le synopsis : Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l’honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l’aide de Kai – un demi sang qu’ils avaient jadis renié – lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d’effroyables dangers. Cet exil sera l’occasion pour cet esclave rejeté de se révéler leur arme la plus redoutable, et de devenir la figure héroïque qui donnera à cette troupe d’insoumis l’énergie de marquer à jamais l’éternité.

UNE LÉGENDE NIPPONE

L’histoire est basée sur un fait réel agrémenté de légendes japonaises. L’histoire des 47 Ronins y est connue de tous et a été adaptée de nombreuses fois que ce soit à la télévision ou au cinéma. Les ronins sont des samouraïs qui n’ont pas ou plus de maître. En l’occurrence, nos 47 héros ont l’envie de se venger après l’assassinat de leur maître par un seigneur de guerre. Dans cette optique, ils vont s’allier à Kaï, un esclave sang-mêlé (mi-japonais mi-britannique) dont le rôle est ici tenu par Keanu Reeves.

Au niveau esthétique, pas grand chose à redire au travail du jeune réalisateur qui nous livre des images travaillées et des paysages à couper le souffle. Le film nous rend une image d’un Japon féodal magnifié par les effets spéciaux et les légendes mystiques. La plastique est véritablement l’élément fort du long-métrage et laisse augurer d’une jolie carrière pour le réalisateur.  Certaines scènes de pure « fantasy » sont de vraies splendeurs, comme celle de la Sorcière qui déploie ses très longs cheveux et se déchaîne dans une sorte de danse mystique au milieu des tissus au ralenti, scène qui n’est pas sans rappeler « Le secret des poignards volants ».

3D INUTILE ET CASTING FATIGUÉ

Par contre, la 3D est ici totalement gadget et aurait réellement pu être évitée. De plus, on a constamment le sentiment que le film a les yeux plus gros que le ventre. On a l’impression d’assister à un étalage de gros effets spéciaux dont le but serait de cacher le manque de direction et de maîtrise du réalisateur. Entre tradition nippone et modernisme américain, on assiste à une véritable appropriation occidentale de cette légende japonaise, parfois convaincante, mais souvent un peu kitsch.
Le rythme est totalement saccadé et déséquilibré : le film alterne entre certains moments d’action intense et prenante, et d’autres beaucoup plus calmes voire ennuyeux.

Malheureusement, Keanu Reeves semble être à côté de ses pompes dans ce film où il apparaît assez transparent et peu savoureux. L’acteur semble toujours peu à l’aise dans son rôle et cela se retranscrit malheureusement à l’écran. Le casting japonais est quant à lui contraint de réciter phonétiquement son texte, étant donné que les acteurs qui ont été choisis ne parlaient pas un mot d’anglais !

La bande-annonce :

Edgar La Gâchette
[CRITIQUE DVD #14] 47 RONIN
Le spectacle visuel sauve quelque peu la mise de ce film dont tous les autres éléments ont certainement été pour beaucoup dans son échec commercial. C'est le charme de ce Japon féodal qui parvient à nous captiver et à nous offrir une meilleure image de ce film. Malheureusement, les difficultés relationnelles entre le réalisateur et sa maison de production apparaissent de manière trop flagrante à l'écran et gâchent un film au potentiel certain.
Image7.5
Scénario4
Acteurs4
Bande-Son5.5
Émotions (action)5
Les plus
  • Le visuel
Les moins
  • 3D gadget
  • Keanu Reeves désincarné
5.2Note Finale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.