LES BRASIERS DE L’ENNUI

« Les brasiers de la colère » est sorti la semaine dernière en DVD, l’occasion pour moi de vous livrer ma critique de ce film plein de testostérone. Le film, mené par un casting prometteur se révèle finalement beaucoup moins enthousiasmant qu’attendu.

Le synopsis : À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux. Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît. Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

UN FILM NOIR

On est prévenus dès la scène d’introduction, le film est noir et ne laissera que peu de place à l’espoir ! Le long-métrage s’ouvre ainsi avec une scène de violence gratuite mettant en avant l’excellent Woody Harrelson qui livre ici une fois de plus une prestation convaincante.
On retrouve au cœur de ce film un Christian Bale lui aussi toujours aussi impressionnant par la justesse de son interprétation. Il incarne un ouvrier travaillant comme un forcené en plein cœur de l’Amérique profonde. Le sujet de la violence dans cette Amérique aux moeurs violentes est à la mode chez les cinéastes américains puisqu’il était également au cœur du moyen « Joe » sorti il y a quelques semaines dans nos salles.

Revenons en au jeune homme incarné par Bale : il est obligé de travailler comme un fou afin de rembourser certaines dettes contractées par son frère. Le jeune homme est particulièrement attachant : il tente de vivre le plus dignement possible malgré les difficultés que lui imposent le destin.
Toute la première partie du film est totalement centrée sur la manière dont ce personnage va chuter puis tenter de se remettre et de faire un effort de rédemption auprès de son entourage.
La seconde partie commence avec un événement dramatique frappant le personnage incarné par Bale qui va dès lors tout faire pour se venger, partagé entre le désir de se faire justice lui-même, et sa raison qui le pousserait à laisser la justice faire son travail. On assiste à une apologie de l’auto-justice parfois quelque peu dérangeante.
C’est cette seconde partie qui sauve légèrement le film et nous offre un spectacle plus émouvant et engagé.

UN SCÉNARIO BASIQUE ET ATTENDU

Le scénario est finalement assez basique et attendu. Les personnages sont certes bien incarnés mais semblent avoir déjà été vus des dizaines de fois au cinéma : un homme tourmenté par les problèmes de son frère qui semble le plonger année après année dans une situation encore plus compliquée, vraiment rien de neuf à l’horizon.

Après « Crazy Heart », Scott Cooper a donc une nouvelle fois choisi l’Amérique profonde comme arrière-plan de son nouveau film. En plein cœur de la Rust Belt (alias la Ceinture de la rouille au Nord-Est des États-Unis, zone marquée par une désindustrialisation massive), il filme le quotidien de personnages tourmentés. Il nous représente donc ici une Amérique en pleine dépression économique avec des habitants tous plus marqués les uns que les autres par la dureté de la vie. Un sujet intéressant malheureusement trop mal exploité ici.

Christian Bale nous prouve une fois de plus toute l’étendue de son talent en donnant à son personnage une profondeur et un caractère tourmenté qui permet de s’y attacher.
On peut regretter le manichéisme qui touche les différents personnages du film : on y retrouve donc Russell (Christian Bale) le brave home combattif, Harlan DeGroat (Woody Harrelson), le méchant gros dur auquel on ne trouvera aucune circonstance atténuante, et enfin Rodney (Casey Affleck), la victime désignée qui s’enfonce dans ses soucis année après année. Un aspect plus psychologique permettant de comprendre le pourquoi du comment de leurs caractères aurait été fortement apprécié.

Ce qui gêne le plus dans ce film, c’est la fadeur qui s’en dégage. On n’est finalement que très peu ému face à ce film dont le sujet laissait pourtant penser qu’il nous ferait plus réagir que cela. On est juste choqués par certaines scènes de violence, mais la tiédeur du long-métrage nous empêche complètement d’apprécier le film autant qu’on l’aurait désiré.

La bande-annonce :

Edgar La Gâchette
[DVD #13] LES BRASIERS DE LA COLÈRE
Le film qui était pourtant prometteur ne parvient donc finalement pas à trouver l'étincelle nécessaire qui lui donnerait un souffle plus important. Déception donc pour un film qui disposait d'un casting puissant mais qui n'a pas su transformer l'essai. Dommage ...
Image6
Scénario4
Acteurs7
Bande-son5
Rythme3
5Note Finale

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.