UNE IMPASSE CINÉMATOGRAPHIQUE :

Dans une période un peu compliquée pour les comédies françaises, j’avoue ressentir un mélange d’espoir et d’inquiétude à l’entrée de ma salle de cinéma lorsqu’il s’agit de découvrir un nouveau film du genre. Ce fût le cas encore une fois, et à l’heure où il y a un grand nombre de comédies hexagonales au cinéma (« Max », « Cookie », « Alceste à bicyclette », ou encore « Paulette »), mon coeur s’est laissé tenter par cette comédie qui se voulait déjantée. Pourtant, à l’image des derniers films dont je vous ai fait la critique (« La stratégie de la poussette », ou encore « Mes héros »), ce film manque clairement d’ambition et peine à obtenir quelques rires de la part des spectateurs, dommage pour un film qui se veut comique. 
LE SCÉNARIO : 4/8 : 
Une mort, celle d’une maman qui laisse derrière elle ses 3 enfants Charles, Rosemonde et Emma, des adultes aguerris, mais qui, confrontés à  ce deuil familial, vont se découvrir des réactions étonnantes. Un enterrement qui va permettre à cette famille juive de se retrouver, entre engueulades et acènes de tendresse.
Une volonté de la part d’Idit Cebula de s’attaquer au deuil d’une manière fantaisiste à travers les amours et les emmerdes de cette famille juive quelque peu caricaturale. L’humour promis, un humour déjanté et farfelu fait le plus souvent un gros bide, très peu de rires dans la salle, il y a de l’intention, on essaye de nous faire rire, mais cela ne marche pas. Entre lourdeurs plutôt dignes d’une comédie pour adolescents (« On va savoir que j’ai fait caca… » ou encore « t’es venu en vol holocauste? »), et accents caricaturaux de cette famille, on décroche au mieux quelques sourires. Les scènes de séances de psychologies de Rosemonde remontent quelque peu le niveau avec ce personnage interprété par la très juste Emmanuelle Devos. Certaines scènes d’hystérie auraient vraiment être mises de côté, car elles semblent vraiment ridicules.
Le film est plus intéressant dans son aspect psychologie, voir comment des frères et soeurs peuvent réagir totalement différemment face à ce drame, mais aussi s’apercevoir qu’au final la douleur est la même. On est aussi confrontés à la recherche d’un coupable qui n’existe pas.
Le film met beaucoup trop de temps à s’installer, on s’ennuie fermement pendant une bonne moitié de la durée de celui-ci, mais étonnamment, il prend une ampleur inattendue vers la fin qui sauve le film d’un résultat qui aurait été sans cela catastrophique. On s’étonne au dénouement devant cet attachement que le réalisateur a finalement réussi à créer entre le public et les personnages, ce n’était pourtant pas gagné. La scène de fermeture du film qui voit la maman décédée et son défunt mari, marcher au pied de leur appartement Rue Mandar est une jolie réussite.
LE VISUEL : 3,5/6 : 
Après « Deux vies plus une », Idit Cebula nous offre son second long-métrage, et visuellement, il n’y a rien à jeter mais rien à garder en mémoire non plus. Aucune touche particulière de la part du réalisateur, et les décors aussi bien que les costumes se veulent imprégnés dans le quotidien parisien, donc sans artifice exceptionnel. Un film visuellement sobre auquel on ne peut pas reprocher grand chose à ce niveau là.
LE CASTING : 2,5/4 :
Le réalisateur s’est entouré de 3 grands noms du cinéma français : Emmanuelle Devos, Richard Berry, et Sandrine Kiberlain, trois acteurs de grande classe donc qui tiennent parfaitement leur réputation sans pour autant transcender leurs personnages. Les 3 personnages principaux se veulent assez monotones voire très ennuyants par moment.
Les scènes sont plutôt réalistes et l’on a parfois l’impression d’assister à une réunion de notre propre famille. On regrettera cependant les trop nombreuses caricatures notamment au niveau des personnages secondaires.
LA BANDE-SON : 0,5/2 : 
Une bande-son très peu présente voire quasiment absente, rien de très important à signaler donc, mais une musique entraînante aurait peut-être permis aux premières 45 minutes de sembler moins longues.
GÉNÉRAL : 10,5/20 : 
Un peu à l’image de « Mes héros », ce film sent bon le téléfilm français made in TF1, on regrette un manque d’ambition clair et une maîtrise de l’humour plus que limité. Il est loin le temps du « Dîner de cons » où la salle entière était explosée de rire, ici quelques sourires tout au plus. On sent pourtant que le réalisateur a vraiment mis de la bonne volonté mais la sauce ne prend vraiment pas … Trop autobiographique, ce film aura du mal à toucher le grand public. Une impasse de plus pour le cinéma français !
La bande-annonce : 

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Edgar La Gâchette 

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