LOIN D’ÊTRE « SPLENDID »

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© David Koskas

Peu avenant face au cinéma français, et notamment face aux comédies françaises qui semblent vraiment en panne générale d’inspiration, avec une multitude de recyclages, et des gags redondants (Le dernier Astérix en est un symbole parfait), je me suis finalement laissé tenter par cette comédie d’Eric Besnard, qui nous proposait de reformer, pour notre plus grand plaisir le couple du « Splendid », Gérard Jugnot et Josiane Balasko. Un film sur lequel je n’avais aucun à priori, ni négatif, ni positif. Je me suis donc lancé dans l’inconnue, et décide de vous livrer le récit quelque peu morose de ma séance.

Le synopsis

Maxime est un chef d’entreprise qui fait des heures supplémentaires pour sauver sa compagnie d’ambulances au risque de sacrifier sa femme et ses enfants. Apprenant que sa mère est en garde à vue, il va la sortir de prison… et se le fait aussitôt reprocher. Olga, sa mère, est en effet une femme de caractère. Il apprend qu’elle s’est à nouveau disputée avec son père et décide de la ramener chez elle. C’est l’occasion pour Maxime de passer un week-end loin de ses responsabilités. Chez ses parents, deux sexagénaires qui, depuis quarante ans, s’aiment autant qu’ils s’engueulent. Cette parenthèse joyeuse dans une vie agitée est l’occasion pour le fils de se rappeler d’où il vient. La vie a beau être éphémère et injuste elle peut aussi être envisagée comme une suite de petits bonheurs.
D’autant plus qu’ils ont un invité…

UN SCÉNARIO TROP MANICHÉEN

L’idée de départ n’est pas mauvaise, puisqu’il s’agissait de nous présenter un couple de retraités qui s’aiment toujours aussi passionnément, mais qui passent leur temps à s’engueuler. D’un côté, une Josiane Balasko caractérielle et activement impliquée dans des causes humanitaires et politiques diverses, et de l’autre un Gérard Jugnot quelque peu pantouflard, à la santé fragile, mais qui cultive des passions pour la cueillette aux champignons et le recyclage d’objets du quotidien. Au milieu de ces deux phénomènes, on retrouve leur fils, un chef d’entreprise qui fait des heures supplémentaires pour sauver sa compagnie d’ambulances, tout en sacrifiant quelque peu sa vie de famille. Sa mère étant en garde à vue, il se décide à aller la chercher et en profite pour passer le week-end avec ses parents. Seulement, celle-ci a pris l’initiative d’accueillir le petit Timoko, un enfant dont la mère est menacée d’expulsion.

Mes héros : La critique

© David Koskas

Un scénario somme toute assez sympa à première vue, mais l’angle du réalisateur gâche totalement celui-ci, avec un côté moralisateur qui finit par agacer. On nage ici en plein manichéisme avec des policiers sans coeur, et cruels, face à une pauvre retraitée qui aimerait soigner tous les maux de la terre. Si la cause défendue par le réalisateur (celle des expulsions qui entraînent des drames familiaux intenables et inhumains) est juste et noble, la façon qu’il a de la défendre est maladroite, et on aurait préféré un peu plus de subtilité. On plonge en effet parfois dans le mélodrame qui tente de vous tirer les larmes, mais qui à force d’en faire trop n’y parvient pas du tout.
Avec une idée de base plutôt sympa, on se retrouve finalement face un film qui semble être un téléfilm de TF1, et le tout sonne un peu trop « franchouillard ». Un scénario qui manque cruellement de surprises, et de prétention donc.

LE CASTING SAUVE L’HONNEUR

Pour le visuel, ce n’est pas beaucoup mieux, on est ici plongés dans une comédie intimiste, mais la réalisation d’Eric Besnard fait ici aussi quelque peu amateur, et me fait irrémédiablement penser à un téléfilm bas de gamme, on semble assez de l’univers du septième art pour moi… Une réalisation sans prétention mais qui nous laisse de marbre, et ne parvient pas totalement à nous imprégner des personnages.

C’est le casting qui sauve comme il peut ce film de la catastrophe. Josiane Balasko dans un rôle type « Tatie Danielle », est efficace, et ses répliques font mouche à plus d’une reprise. Gérard Jugnot, sans être exceptionnel est toujours aussi bon, et l’on appréciera la présence de Pierre Richard, malgré un petit rôle qu’il tient à merveille.

Mes héros : la critique

© David Koskas

Le petit garçon qui interprète Tomiko est aussi assez convaincant, mais Clovis Cornillac semble un peu fade, et nous déçoit quelque peu.

La musique est également un bon élément avec des thèmes musicaux assez entraînants, et joyeux qui donnent un peu de peps à l’ensemble.

Critique du film "Mes héros"

© David Koskas

La bande-annonce

Edgar La Gâchette

MES HÉROS : LA CRITIQUE
Éric Besnard nous fait donc ici le portrait d'une famille provinciale à la Jean Becker, avec des acteurs plutôt bons, mais un scénario et une réalisation trop faibles pour en faire un bon film. Nos héros du "Splendid" ne sont donc plus ce qu'ils étaient et semblent avoir perdu un peu de leur flair pour repérer les bonnes comédies, néanmoins, on sauvera du film quelques bonnes répliques qui vous feront sans doute rire, et il faut reconnaître qu'on ne passe pas non plus un mauvais moment face à cette famille qui vous rappellera sans aucun doute la votre. Une comédie sympathique mais puérile, qui nous laisse sur notre faim, et ne restera certainement pas dans les annales du cinéma français, la comédie française n'a donc toujours pas trouvé son nouveau souffle. Triste réalité.
Image4
Scénario2
Acteurs7
Bande-son6
4.8Note Finale

2 Réponses

  1. Farah

    Quand tu dis que la comédie française n’a toujours pas trouvé son nouveau souffle, je pense qu’elle y parvient petit à petit avec une nouvelle génération de metteurs en scène comme Romain Levy avec Radiostar et Hugo Gélin avec Comme des frères. Je te conseille vraiment ce dernier film (qui doit peut-être être encore en salle d’ailleurs). Il est vraiment excellent, à la fois triste mais surtout avec beaucoup d’humour et je me suis vraiment bien marrée. Et les acteurs sont très chouettes avec notamment Pierre Niney, Nicolas Duvauchelle et Mélanie Thierry.

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  2. edgar Lagachette

    On m’a dit beaucoup de bien de « comme des frères » effectivement et je pense aller le voir, j’ai beaucoup aimé « radiostar » aussi, mais en 2012, j’ai plus été déçu que ravi par la comédie française, beaucoup trop de mauvais films pour seulement quelques bons films, espérons que 2013 va me faire changer d’avis 🙂

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