UN FILM SPLENDIDE MAIS SANS ÉMOTION

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C’est l’événement cinéma de cette fin d’année ! La fresque historique britannique de Ridley Scott fait autant l’événement que la polémique. Mais au final, que vaut cette nouvelle adaptation de l’histoire de Moïse, des  plaies d’Égypte et des Dix Commandements ?

Le synopsis : L’histoire d’un homme qui osa braver la puissance de tout un empire.
Ridley Scott nous offre une nouvelle vision de l’histoire de Moïse, leader insoumis qui défia le pharaon Ramsès, entraînant 600 000 esclaves dans un périple grandiose pour fuir l’Egypte et échapper au terrible cycle des dix plaies.

UNE RÉ-INTERPRÉTATION DE L’ANCIEN TESTAMENT 

Après le très décevant Noé de Darren Aronofsky sorti en début d’année, c’est au tour de Ridley Scott de revisiter une partie de l’Ancien Testament. Petit rappel sur l’Histoire qui est connue de tous puisqu’il s’agit de celle de Moïse, prince d’Egypte, qui va apprendre qu’il est en fait hébreu comme le peuple que sa famille d’adoption a mis sous esclavage. Guidé par Moïse, le peuple hébreu va se libérer et fuir le Royaume de Ramsès.

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Côté scénario, Scott a la qualité d’être plutôt complet : s’il ne nous remémore pas l’abandon de Moïse le nouveau-né sur les rives du Nil et qu’il passe directement à l’évocation de son âge adulte, la suite est quant à elle plutôt complète : La bataille de Qadesh, l’exil de Moïse, le cycle des dix plaies d’Égypte, la libération du peuple hébreu … Néanmoins, le portrait dressé par Scott de Moïse est parfois déroutant : présenté d’abord comme un non croyant, sa révélation aura lieu selon Scott après une chute lui ayant valu un traumatisme au crâne. Une manière pour le réalisateur d’insinuer que cette révélation ne serait peut être qu’un délire, pur produit de l’imagination de Moïse.

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DES EFFETS SPÉCIAUX IMPRESSIONNANTS

Quant aux effets spéciaux, ils sont le plus souvent très réussis et impressionnants mais n’en restent pas moins très conventionnels. La scène des dix plaies d’Égypte est certainement la plus aboutie du film. Les décors sont somptueux, et les costumes bien que parfois un peu kitsch, sont généralement réussis.

Ridley Scott remplit donc le cahier des charges qui lui a été fixé, mais il ne fait que le remplir sans même y apporter une touche supplémentaire. Le film souffre d’un déficit d’émotion énorme. On n’arrive pas à se passionner ni à s’émouvoir de trop devant ce film dont l’histoire possédait pourtant tous les arguments pour nous provoquer de telles émotions.

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Le casting est le gros hic du film. Rien à reprocher à Christian Bale qui nous livre une interprétation profonde de Moïse. C’est plutôt concernant les seconds rôles que le bas blesse : Joel Edgerton tient quant à lui le rôle de  Ramsès : si son interprétation est plutôt réussie bien que parfois excessive, je n’ai pu m’empêcher durant tout le film d’être gêné par son physique tout à fait contraire à celui du pharaon égyptien. Un blanc aux yeux bleus pour tenir le rôle de Ramsès ? WTF ? La plupart des seconds rôles souffrent d’ailleurs du même problème : de John Turturro à Aaron Paul : le maquillage ayant pour but de leur donner un teint plus mat contraste avec leurs yeux bleus et leur donnent une allure de travesti ! Et que dire de Sigourney Weaver dont le physique est aussi adapté à celui d’une égyptienne que Vincent McDoom tenant un rôle de motard à gros bras ! Vraiment dommage car certains de ces acteurs livrent une prestation très aboutie, John Turturro et Ben Kingsley en tête de fil ! Certains des personnages importants de l’histoire de Moïse sont presque totalement sacrifiés (la mère et la soeur de Moïse par exemple) afin de raccourcir le film … Dommage encore une fois.

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La bande-annonce :

Edgar La Gâchette 

[CRITIQUE CINÉ #142] EXODUS - GODS AND KINGS
Voilà donc un film qui avait tout pour être réussi : une histoire émouvante et passionnante, des acteurs talentueux et un budget faramineux. Pourtant, le manque d'émotion se ressent cruellement et les acteurs sont bridés par leur physique totalement inadaptés à l'emploi.
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Scénario 3
Acteurs 3
Bande-son 7
Rythme 3
Émotions2
Les plus
  • Christian Bale
  • Les effets spéciaux
Les moins
  • Le déficit d'émotion
  • Des acteurs qui n'ont pas le physique de l'emploi
4.3Note Finale

2 Réponses

  1. Le Canard

    En fait, Ramsès II était bien de peau blanche, cheveux blonds tirant sur le roux et mesurait environ 1,90 m. Sa dépouille a été analysée en France à partir de 1976 par une centaine de scientifiques qui ont, ainsi, confirmé ce que les textes de l’époque racontaient.

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    • edgarLaGachette

      Effectivement, il avait la peau blanche, mais cela n’empêche que Ramsès II était de type méditerranéen (donc certainement blanc mais pas comme une personne de typé caucasien), et d’ailleurs plus roux que blond. Même en étant roux, son physique devait certainement être très éloigné de celui de Joel Edgerton qui n’est pas du tout typé méditerranéen. Et l’Egypte n’a été envahie par les romains qu’en 300 avant JC donc aucun risque de voir un Ramsès II typé caucasien (les reconstitutions qui en ont été faites en 3D peuvent l’appuyer). Dans ce film, Moïse est blanc, Ramsès est blanc aux yeux bleus, les hébreux sont blancs, les égyptiens aussi ! Un film qui se passe exclusivement en Afrique mais dont tous les acteurs ou presque (excepté quelques esclaves ou seconds rôles) sont typés caucasiens est pour moi un non-sens total.

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